Transition énergétique

Tunisie : Des climatiseurs plus sobres pour soulager le réseau

13.10.2026, 08:46

Cette transition permettrait d'économiser en été une quantité d'électricité équivalente à la consommation d'environ 600.000 climatiseurs actuels.

La Tunisie veut promouvoir une nouvelle génération de climatiseurs plus économes en énergie et utilisant des fluides frigorigènes à faible impact climatique, alors que l'usage massif de ces appareils met régulièrement le réseau électrique sous pression en période de forte chaleur.

Cette transition permettrait d'économiser en été une quantité d'électricité équivalente à la consommation d'environ 600.000 climatiseurs actuels, a indiqué le ministère tunisien de l'Environnement. Le pays compte quelque quatre millions de climatiseurs, selon le ministère, qui estime que les nouveaux modèles réduiront de 15 pour cent la consommation d'énergie des appareils.

Depuis 2024, la Tunisie met en œuvre un plan national de réduction progressive des hydrofluorocarbures (HFC), conformément à l'Amendement de Kigali au Protocole de Montréal. Elle vise une baisse de 23,8 pour cent de sa consommation de ces gaz d'ici 2030.

Des gaz à fort effet de serre

Les HFC sont utilisés notamment comme fluides frigorigènes dans les climatiseurs et les équipements de réfrigération. Contrairement aux chlorofluorocarbures (CFC) et aux hydrochlorofluorocarbures (HCFC), ils n'endommagent pas directement la couche d'ozone, mais certains présentent un très fort potentiel de réchauffement climatique.

Adopté en 2016 et entré en vigueur en 2019, l'Amendement de Kigali complète le Protocole de Montréal en prévoyant une réduction progressive de la production et de la consommation de HFC. Il vise une baisse mondiale de 80 à 85 pour cent de ces gaz d'ici 2047.

Le passage à des fluides frigorigènes moins nocifs pour le climat doit s'accompagner d'une amélioration de l'efficacité énergétique des équipements, afin de réduire à la fois les émissions liées aux fluides et celles associées à la consommation d'électricité, selon l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).

Un réseau électrique sous tension

Cette transition intervient alors que les épisodes de forte chaleur de l'été 2026 ont nettement accru la demande d'électricité en Tunisie. Aux heures de pointe, entre 13 et 17 heures, la consommation a atteint environ 5.000 mégawatts, soit une hausse de 30 pour cent par rapport au niveau habituel, selon la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (STEG).

La STEG a alors eu recours au délestage, c'est-à-dire à des coupures préventives et temporaires dans certaines zones, afin de préserver l'équilibre entre production et consommation et d'éviter un effondrement généralisé du réseau, ou « black-out ».

Face à la hausse mondiale de la demande de refroidissement liée à l'augmentation des températures, l'ONUDI estime que la transition vers un refroidissement durable doit combiner réduction progressive des HFC, amélioration de l'efficacité énergétique et adoption de technologies moins émettrices.