Droits de l'homme
Niger : un manuel pour mieux protéger les victimes de VBG
6.10.2026, 13:13
Au Niger, un manuel de procédures destiné à améliorer la prise en charge des personnes survivantes de violences basées sur le genre (VBG) a été vulgarisé auprès des autorités locales de Tahoua (centre-ouest), Maradi (centre-sud) et Zinder (centre-est), avec le soutien de la Suisse et des Pays-Bas. Validé en 2025, le document a été élaboré par le Service central de protection des mineurs et des femmes (SCPMF) de la Police nationale, avec l'appui du Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité (DCAF).
Il vise à renforcer les capacités des acteurs chargés de la prévention, de la protection, de l'orientation et de la prise en charge des personnes victimes de VBG, notamment les femmes, les filles et les personnes vulnérables.
Une responsabilité collective
La lutte contre les violences basées sur le genre « ne peut être l'affaire d'une seule institution, mais elle revêt une responsabilité collective », a déclaré le gouverneur de Zinder, cité par un média officiel.
Le manuel doit devenir un « véritable instrument de travail, un repère commun, un outil permanent, permettant aux différents points focaux et aux acteurs de protection de mieux comprendre leurs responsabilités, en vue d'harmoniser leurs pratiques et d'améliorer la qualité de la réponse apportée aux victimes », a-t-il ajouté.
Des difficultés persistantes dans l'orientation des victimes
Au Niger, ces violences constituent une importante problématique en matière de protection des droits humains, affectant « profondément » les victimes, leurs familles et la communauté dans son ensemble, selon la directrice du SCPMF, Zouera Haousseizé.
Malgré les efforts engagés, elle a relevé des difficultés persistantes dans l'orientation des victimes, le partage d'informations ainsi que la connaissance des procédures d'intervention et de référencement vers les services appropriés.
Le DCAF a indiqué vouloir « faire en sorte que ce manuel devienne un outil de travail quotidien, une référence commune et un réflexe professionnel pour les agents du SCPMF ».
Une vulnérabilité accrue des femmes et des enfants
Pays marqué par une crise sécuritaire et humanitaire chronique, le Niger fait face à une vulnérabilité accrue des femmes et des enfants, notamment sous l'effet des conflits armés, des déplacements de populations et des chocs climatiques.
Les VBG prennent notamment la forme de violences sexuelles, physiques et psychologiques, de mariages d'enfants, précoces ou forcés, ainsi que de mutilations génitales féminines (MGF). Les régions de Tahoua, Maradi et Zinder figurent parmi les zones particulièrement préoccupantes, selon plusieurs rapports consacrés à la situation dans le pays.