Coopérations universitaires

BMZ : Le soutien au DAAD recentré sur les bourses individuelles

9.10.2026, 08:14

Le DAAD est l'organisme allemand chargé de la coopération académique internationale.

Le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) prévoit de recentrer son soutien au Service allemand d'échanges universitaires (DAAD) sur les bourses individuelles et les réseaux d'anciens étudiants, tandis que les programmes de coopération universitaire avec les pays du Sud global doivent progressivement prendre fin d'ici à 2030.

Il ne s'agit pas de « coupes », a souligné le gouvernement fédéral dans une réponse à une question parlementaire, précisant que les programmes en cours, dotés d'environ 25 millions d'euros en 2025, seront menés à leur terme.

Cette réorientation s'inscrit dans le cadre de la réforme du BMZ et de la planification budgétaire fédérale à moyen terme, selon la même source. Les financements du DAAD provenant des ministères des Affaires étrangères et de la Recherche ne sont pas concernés par cette réorientation, a précisé le gouvernement.

Les programmes visés soutiennent des coopérations universitaires dans plusieurs régions, notamment en Afrique subsaharienne, en Asie, en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, dans le Pacifique et, pour certains dispositifs, en Europe du Sud-Est.

Ces partenariats portent notamment sur la gestion de l'eau, les énergies renouvelables, la santé et le renforcement du management universitaire. Ils ont bénéficié au cours des cinq dernières années à quelque 120.000 personnes dans plus de 70 pays, en coopération avec environ 450 universités.

Des critiques au sein de l'opposition

Cette réorientation suscite des inquiétudes parmi plusieurs universités allemandes ainsi que chez les députés écologistes de l'opposition, auteurs de la question parlementaire. Ses détracteurs estiment qu'elle risque de fragiliser des réseaux universitaires construits depuis plusieurs décennies et de réduire la présence allemande dans le Sud global.

La décision intervient alors que la compétition géopolitique dans le domaine académique s'intensifie, notamment en Afrique. Interrogé sur le risque de voir d'autres puissances occuper l'espace laissé par l'Allemagne, le gouvernement indique suivre l'évolution de la situation et relève notamment le renforcement des présences scientifique et universitaire russes et chinoises sur le continent.

Plus de 40.000 étudiants africains ont ainsi candidaté en 2025 pour environ 5.000 bourses russes, selon les chiffres cités par Berlin. La Chine prévoit pour sa part d'accueillir 60.000 étudiants africains et 1000 chercheurs entre 2025 et 2027, ainsi que de créer 30 laboratoires communs.

Préserver le « soft power » allemand

Berlin estime que le recentrage des financements du DAAD sur les bourses individuelles et les réseaux d'anciens étudiants permettra d'optimiser les ressources budgétaires, de préserver le rayonnement international (« soft power ») de l'Allemagne en contribuant à la formation des futurs cadres des pays partenaires, et de développer ses réseaux, notamment en Afrique, au service de ses intérêts.

Fondé en 1925, le DAAD est actuellement « la plus grande organisation de promotion des échanges universitaires internationaux au monde », d’après le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères. Il octroie, chaque année, plus de 140.000 bourses à des étudiants, diplômés, chercheurs et enseignants faisant des études ou des recherches en Allemagne ou à l’international.