Industrie pétrolière et gazière
Allemagne-Algérie: accord pour réduire les émissions de méthane
20.07.2026, 11:33
L'Allemagne et l'Algérie ont signé une déclaration commune d'intention visant à renforcer leur coopération pour réduire les émissions de méthane dans l'industrie pétrolière et gazière et accélérer la transition durable du secteur de l'énergie, dans un contexte de débat autour de l'application du nouveau règlement européen sur le méthane (EUMR). L'accord a été signé par des représentants des deux gouvernements à l'occasion de la visite d'État du président algérien Abdelmadjid Tebboune à Berlin, le 16 juillet, a indiqué le ministère fédéral allemand de l'Environnement, de la Protection du climat, de la Protection de la nature et de la Sûreté nucléaire (BMUKN).
L'Algérie est l'un des principaux fournisseurs de gaz naturel de l'Union européenne (UE), avec des exportations acheminées notamment par gazoducs sous-marins vers l'Italie et l'Espagne. Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, Berlin a accéléré la diversification de ses approvisionnements énergétiques afin de réduire sa dépendance au gaz russe acheminé par gazoducs.
Élaborer des solutions communes aux « défis réglementaires »
Selon le BMUKN, la coopération avec l'Algérie contribuera à la mise en œuvre de l'EUMR, entré en vigueur pour encadrer les émissions de méthane liées aux importations d'hydrocarbures dans l'UE. Les deux pays prévoient d'intensifier leurs échanges sur les cadres réglementaires, de promouvoir les technologies de détection et de réduction des fuites de méthane et d'élaborer des solutions communes aux « défis réglementaires ».
Le dialogue entre autorités, entreprises et experts doit accélérer l'application des normes internationales de réduction des émissions de méthane, a ajouté le ministère. Le même jour, le groupe énergétique algérien Sonatrach et l'entreprise allemande VNG AG ont signé un contrat de fourniture de gaz destiné à diversifier les sources d'approvisionnement de l'Allemagne tout en renforçant la coopération énergétique bilatérale. Les deux partenaires étaient déjà convenus, en juin, d'intensifier leur coopération afin de réduire les émissions de méthane sur l'ensemble de la chaîne de valeur du gaz.
Approfondir la coopération dans les domaines du climat
Au-delà du méthane, Berlin et Alger ont également décidé d'approfondir leur coopération dans les domaines du climat et de la protection de l'environnement. Celle-ci couvre notamment la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité, la lutte contre les différentes formes de pollution, ainsi que la gestion des déchets, l'économie circulaire et l'économie verte.
« Tant que nous continuerons à utiliser des combustibles fossiles, nous devons réduire autant que possible leur impact sur le climat », a déclaré le secrétaire d'État au BMUKN, Jochen Flasbarth. Il a ajouté que « les technologies modernes permettent de mieux détecter et réduire les émissions de méthane nocives pour le climat lors de l'extraction de pétrole et de gaz ».
Selon M. Flasbarth, « la réglementation européenne actuellement en vigueur sur le méthane ne fait pas obstacle à la conclusion de nouveaux contrats de fourniture de gaz, bien au contraire : les partenariats internationaux et des règles claires constituent la base d'une transformation durable du secteur de l'énergie ».
Des règles européennes contestées
Le méthane est le deuxième gaz à effet de serre d'origine humaine après le dioxyde de carbone, mais son pouvoir de réchauffement est nettement plus élevé à court terme. Selon les experts, la réduction des fuites dans les secteurs du pétrole et du gaz constitue l'un des moyens les plus rapides et les plus rentables de limiter le réchauffement climatique.
Adopté en 2024, l'EUMR impose, à partir du 1er janvier 2027, aux importateurs de gaz, de pétrole et de charbon de démontrer que leurs fournisseurs respectent des normes de mesure, de déclaration et de vérification (MRV) équivalentes aux normes européennes. À partir de 2028, les entreprises devront également déclarer l'intensité des émissions de méthane des volumes qu'elles importent.
En juin 2026, l'Algérie, le Qatar, le Nigeria et les États-Unis ont demandé, dans une lettre conjointe adressée aux dirigeants européens, le report et un assouplissement temporaire de l'application du règlement. Selon eux, une part importante des exportateurs de pétrole et de gaz ne sera pas en mesure de satisfaire aux exigences de MRV dès janvier 2027. Les quatre pays ont averti qu'une application stricte du texte risquait de perturber les approvisionnements énergétiques de l'UE et d'entraîner une hausse des prix de l'énergie.