Sécurité
Nigeria : la police de Bauchi dotée d'un laboratoire contre les VSS
23.07.2026, 10:52
La police de l'État de Bauchi, dans le nord du Nigeria, s'est dotée d'un laboratoire destiné à renforcer les enquêtes sur les violences sexuelles et sexistes (VSS) et à améliorer la prise en charge des victimes d'un phénomène qui constitue un enjeu majeur dans le pays le plus peuplé d'Afrique.
Baptisé « Gender Lab » (laboratoire du genre), ce centre a été mis à disposition par la Global Security Sector Reform Foundation (GS Foundation), une ONG allemande à but non lucratif spécialisée dans la réforme du secteur de la sécurité, notamment dans les pays touchés par les conflits et l'instabilité.
Le laboratoire regroupe des équipements de pointe, des capacités d'enquête adaptées aux traumatismes des survivants, un appui médico-légal et criminalistique, un accompagnement psychosocial et juridique des victimes ainsi que des formations destinées aux forces de l'ordre. Selon la fondation, il permet l'enregistrement numérique des cas signalés, la conservation des preuves médico-légales et leur stockage, afin de renforcer les enquêtes et les poursuites judiciaires.
Des violences peu signalées
Le Nigeria fait face à une crise persistante de violences basées sur le genre, exacerbée dans le nord du pays par l'insécurité chronique. Les actes de violence sexuelle et sexiste restent largement sous-déclarés en raison de la stigmatisation sociale, de la peur des représailles et de la méfiance envers les institutions judiciaires et policières, selon des organisations de défense des droits humains.
Ces organisations affirment que certaines victimes continuent d'être confrontées à des préjugés ou à des mauvais traitements dans des commissariats. Elles soulignent également le manque d'infrastructures médico-légales permettant de recueillir les preuves techniques nécessaires aux poursuites.
Renforcer la confiance envers la police
La GS Foundation indique que les « Gender Labs », conçus pour renforcer la confiance envers la police, offrent aux victimes un espace sûr et confidentiel où elles peuvent témoigner, tout en permettant l'analyse des données afin d'identifier les tendances et d'améliorer les actions de prévention. Ils constituent un élément clé du soutien de l'ONG allemande aux officiers de liaison genre (« Gender Desk Officers ») de la police fédérale nigériane.
Ils s'inscrivent dans le cadre du projet de réforme policière SPAAT (Supporting Police Accountability and Transformation), lancé au Nigeria en 2021 et financé par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères. Mis en œuvre par la police fédérale nigériane, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la GS Foundation, ce projet a bénéficié de 21 millions d'euros de financement allemand depuis son lancement.